Voeux au personnel 2016

Monsieur le Sous-Préfet,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Madame la Directrice Générale des Services,
Chers Collaboratrices et Collaborateurs de l’Ensemble des Services de l’Espace Sud,
Mesdames, Messieurs,
 

Je suis très heureux de vous accueillir, aujourd’hui, dans le cadre de « l’Espace Reprise » pour notre traditionnelle cérémonie de vœux.
 
Je remercie les élus, les cadres et agents de l’Espace Sud et nos invités qui contribuent à faire de cette cérémonie un appréciable moment de convivialité.
 
C’est, en même temps, pour moi, l’occasion d’évoquer les objectifs que je fixe à l’Espace Sud et à son personnel pour l’exercice qui s’engage, après avoir tiré quelques enseignements de l’année écoulée.
 
2015, de l’avis général, a constitué une année difficile, dans un monde dominé par la violence et les périls de tous ordres.
 
En Martinique, où les difficultés ne manquent pas, 2015 s’est achevée sur un important rendez-vous citoyen. Une consultation électorale qui a débouché sur la mise en place de la Collectivité Territoriale de Martinique, la CTM.
 
C’est un événement que l’on peut qualifier d’historique. Pour la première fois, en effet, la Martinique est dotée d’un cadre institutionnel que les Martiniquais ont eux-mêmes choisi.
 
La CTM va favoriser plus de cohérence dans les politiques publiques en Martinique. Elle crée une nouvelle donne institutionnelle dans laquelle les communautés d’agglomération joueront un rôle déterminant :
 
  • sur le plan politique d’abord, en contribuant à la répartition des pouvoirs et au partage des compétences ;
 
  • sur le plan de l’égalité des chances ensuite, pour la prise en compte des différentes composantes du territoire ;
 
  • dans la co-construction des politiques de développement, enfin. Le champ des compétences communautaires va d’ailleurs s’élargir, comme le prévoit la Loi GEMAPI en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des risques ; comme le prévoit aussi la Loi NOTRe, en matière d’animation touristique, mais aussi d’eau et d’assainissement, une compétence qu’indépendamment de cette loi, l’Espace Sud va récupérer dès janvier 2017. Je préside, à ce titre, une commission ad’hoc qui regroupe l’Espace Sud et CAP Nord et qui associe le SICSM.
 
Nous devons donc mesurer l’importance de l’action que nous menons à l’Espace Sud. Une action que j’ai la responsabilité d’impulser avec mes collègues du conseil communautaire. Une action qui se décline, au quotidien, à travers l’activité des services relevant des quatre Directions Générales Adjointes, placées sous l’autorité de la Directrice Générale des Services.
 
La force de notre engagement s’est confirmée en 2015. Je l’aborderai en évoquant six défis que nous avons su relever.
 
Le premier défi, c’est l’optimisation des ressources financières par une gestion rationalisée du territoire
 
Je pense, ici, à deux dispositifs que nous avons mis en œuvre.
Le premier, c’est le schéma de mutualisation des services. En juillet 2015, nous avons créé le premier service mutualisé. Le service de l’administration des droits du sol gère, en effet, les autorisations d’urbanisme des communes des Trois-Ilets, du Diamant, de Sainte-Luce, de Sainte-Anne et Les Anses d’Arlet. Ce service, pour lequel trois agents ont été recrutés, a déjà instruit près de 250 actes !
 
Le deuxième dispositif, c’est le Pacte Financier et Fiscal. Après la validation de la conférence des maires, un comité technique a été mis en place. Une analyse rétrospective des comptes de la communauté et des communes est entamée, de même qu’un diagnostic fiscal à l’échelle du territoire-sud. Nous attendons beaucoup de ce dispositif qui va monter en puissance cette année.
 
Le deuxième défi, c’est l’instauration d’outils pour un développement intégré du territoire-sud.
 
Nous avons poursuivi la mise en place des grands outils de planification. Le projet de SCOT a été arrêté en novembre dernier. Le Plan Climat Air Energie Territorial, finalisé en septembre, sera bientôt lancé officiellement. Je n’oublie pas, par ailleurs, le lancement du Contrat Littoral.
 
S’agissant de développement intégré, je dois aussi évoquer le projet Odysséa pour promouvoir la croissance bleue.
 
A partir du port de plaisance du Marin, ce projet proposera des circuits de visites sur le sud autour de quatre escales Nautique, Nature, Saveur et Patrimoine. Il s’appuie sur une gouvernance territoriale, à travers un comité de pilotage qui regroupe des acteurs publics et privés.
 
Notre ambition est de faire de la destination sud une étape recommandée par le Réseau Européen Odysséa. Pour ce faire, nous avons officiellement déposé, en novembre, un dossier de candidature au label Odysséa, un dossier que nous savons crédible et solide.
 
Le troisième défi, c’est l’optimisation de nos services publics.
 
Là encore, beaucoup a été fait en 2015.
 
Je pense à la restauration scolaire. Nous avons vécu une année difficile, avec un conflit au sein de la société délégataire dans lequel j’ai dû m’impliquer comme médiateur. Mais nous avons pu offrir un service efficient et réactif. Nous avons, certes, augmenté les tarifs sociaux à compter de ce mois ; mais cela était nécessaire à la qualité d’un service dans lequel la communauté investit beaucoup, dans un contexte de raréfaction des ressources, notamment en provenance de l’Etat.
 
Je pense, dans un autre domaine, à nos efforts  pour optimiser la collecte, pour améliorer la prévention des déchets et le tri. L’opération « entreprises-témoins », le marquage des bornes de tri, la deuxième édition de « Verre le Tri » ont été des succès. En 2015, le territoire-sud a réalisé les meilleures performances de tri du verre et des emballages en Martinique ! Je rappelle aussi que, dans le cadre de l’appel à candidatures lancé par Eco-Emballages, 4 des 6 projets retenus pour la Martinique émanent de l’Espace Sud. Cela mérite un véritable coup de chapeau ! Et je ne parle pas de notre engagement volontariste pour la collecte et la valorisation des sargasses, dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par l’Etat.
 
Notre action en matière de logement et d’habitat a également été importante. Trois exemples pour l’illustrer : l’instruction de plus de 40 dossiers d’aide aux particuliers à l’amélioration de l’habitat, le bouclage financier de 2 opérations de construction de LLS et LLTS sur les communes du François et Les Anses d’Arlet, et l’instauration de la première Conférence Intercommunale du Logement de Martinique.
 
En matière d’accès au droit, nous sommes en passe de lancer un outil innovant d’accessibilité aux services publics et de lutte contre la fracture numérique : c’est le fameux Relais de Services Publics, dont nous pouvons être fiers.
 
Nous sommes également fiers des résultats obtenus par le PLIE de l’Espace Sud : 335 demandeurs d’emplois accompagnés sur 18 mois. 89 diplômes et certificats remis à des participants qui ont retrouvé le chemin de l’emploi, grâce aux parcours mis en œuvre (parmi lesquels les clauses d’insertion sociale).
 
L’optimisation de nos services publics a, bien sûr, concerné l’important domaine du transport. 2015 a permis de boucler le processus de mise en œuvre de la DSP globale et du réseau SUDLIB, au 1er janvier de cette année.
 
Les atouts du nouveau système sont nombreux : 75 lignes dont 12 intercommunales et 63 locales ; de nouvelles dessertes des plages ; de nouvelles amplitudes les dimanches et jours fériés ; une billettique sans contact au mois de septembre prochain ; la possibilité pour les scolaires de bénéficier du réseau pour 5 € mensuels ; la gratuité pour les plus de 75 ans et les enfants de moins de 5 ans.
 
Certaines difficultés restent à régler en matière de tarifs, de lignes et d’organisation logistique de la société délégataire. J’y accorde une attention particulière pour que les habitants du sud bénéficient du service optimal auquel ils ont droit.
 
La culture n’a pas été en reste, puisque nous avons créé le premier réseau intercommunal de bibliothèques et médiathèques des régions d’outre-mer, le Réseau PASS’TECH.
 
Nous avons, par ailleurs, formalisé la création d’un outil majeur de gestion d’équipements : la Société Publique Locale qui va offrir des solutions innovantes d’exploitation pour différents équipements d’intérêt communautaire. Elle sera officiellement en place au mois de mars prochain.
 
Le quatrième défi, c’est le soutien aux acteurs du territoire.
 
2015 a permis d’évaluer le programme LEADER et de montrer que notre stratégie était adaptée aux enjeux du territoire. Notre candidature a d’ailleurs été retenue pour la prochaine programmation.
 
Le soutien aux acteurs du territoire a aussi bénéficié d’une nouvelle offre de services pour l’accompagnement des entrepreneurs à travers le dispositif d’Accompagnement des Acteurs Economiques du Sud. Ce dispositif prévoit l’organisation d’ateliers thématiques sur les 12 communes du territoire. Le premier d’entre eux, qui s’est tenu lundi, au Vauclin, a d’ailleurs remporté un vif succès.
 
En 2015, le soutien aux acteurs du territoire, ce fut aussi le développement du micro-crédit sur tout l’espace communautaire ; la poursuite de la structuration de la filière pêche ; l’aide aux associations sportives et culturelles, sans oublier la recherche d’une plus grande efficacité des interventions de l’Espace Sud auprès des associations. Dans ce cadre, une formation au management associatif a été dispensée aux élus communautaires qui siègent à la Maison de l’Emploi et à la Mission Locale.
 
Le cinquième défi, c’est l’équipement maîtrisé du territoire.
 
Plusieurs opérations peuvent être citées :
 
  • la construction et l’inauguration de la gare routière de Rivière-Pilote ;
  • la poursuite du programme d’installation d’abribus et de points d’arrêt ;
  • l’achèvement de la piste cyclable communautaire à Ducos ;
  • la construction de la piscine communautaire du Saint-Esprit, qui sera livrée au deuxième semestre de cette année ;
  • la deuxième tranche des travaux du mouillage de Les Anses d’Arlet ;
  •  ou encore l’achèvement du programme des œuvres d’entrées de villes, avec les villes de Ducos, du Marin, de Rivière-Salée et des Trois-Ilets.
 
Le sixième et dernier défi concerne le personnel, l’amélioration des conditions de travail et l’accroissement des compétences.
 
2015 a été marquée par un dialogue social que l’on peut qualifier d’apaisé.
 
Le Comité Technique et le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail ont régulièrement fonctionné. Le Plan Particulier de Mise en Sûreté de l’Espace Sud et le règlement intérieur de gestion du temps ont été finalisés et diffusés.
Par ailleurs, 10 recrutements ont été opérés pour poursuivre l’objectif d’accroissement des compétences.
 
Le nombre de départ en formation a, pour sa part, augmenté de 32 % par rapport à 2014 et l’année écoulée a confirmé le dynamisme de l’évolution des carrières, avec un nombre important de nominations au titre de la promotion interne et des concours.
 
Enfin, il faut évoquer les nombreuses opérations d’entretien et de maintenance réalisées au siège, à la Résidence Deville, à la Villa Céron, à la Villa DSI ou encore à la Villa d’Eole, où se trouve la Maison de l’Emploi.
 
Les six défis que je viens d’évoquer donnent une idée de l’ampleur de la tâche accomplie. Il faudrait citer beaucoup d’autres actions, comme le Défi Familles à Energie Positive, la gestion des espaces naturels remarquables, la dématérialisation des actes de la communauté, les initiatives prises en matière de coopération, sans oublier l’intense activité de l’ensemble des directions et des services fonctionnels. Mais on ne peut naturellement tout aborder.
 
D’autres défis nous attendent en 2016.
 
Je vais me contenter de mentionner quelques-uns de ceux qui apparaissent prioritaires.
 
En termes d’équipements, nous devrons nous consacrer :
 
  • à la poursuite intensive du dossier de la construction du futur siège de l’Espace Sud ;
  • à l’achèvement de la piscine du Saint-Esprit ;
  • à l’avancée des dossiers relatifs aux gares routières du Saint-Esprit et de Rivière-Salée, au centre culturel Tanbou-a de Rivière-Pilote et à la 2ème tranche du Moulin de Val d’Or.
 
Je pense aussi à la nécessité de procéder à l’inauguration de certains équipements, comme la piste cyclable communautaire et nos quatre dernières œuvres d’entrées de ville.
 
Sur le plan du développement et de l’animation du territoire, le projet Odysséa entrera dans la phase de dépôt du dossier devant les instances de gestion des fonds européens. Le dossier de la Zone d’Activité Economique de Maupeou devra rentrer dans une phase de concrétisation. Cela favorisera d’ailleurs, en termes d’immobilier d’entreprise et de plateforme immobilière, la mise en œuvre d’un aspect important de la stratégie de développement économique de l’Espace Sud.
 
En matière de services de solidarité et de proximité, les enjeux resteront importants. Trois d’entre eux méritent d’être soulignés :
 
  • d’une part, la nécessité de sensibiliser davantage encore les citoyens à la réduction et au tri des déchets, face à la saturation des exutoires et au manque de centres de transfert ;
  • d’autre part, l’impératif d’améliorer encore l’efficacité de l’offre de services des opérateurs et des dispositifs pour l’insertion et l’emploi, ce qui passe certainement par des réformes de structures ;
  • le troisième enjeu, c’est l’obligation que nous avons, en matière de transport, de veiller à ce que tout transfert de cette compétence s’effectue dans des conditions de maintien de la qualité du service ; et cela suppose que les communautés d’agglomération conservent, par le biais d’une subdélégation, la capacité d’organiser l’offre de proximité.
 
D’une manière générale, nous devrons nous préparer à rentrer dans une dynamique de changement. Changement lié à un contexte économique et financier qui oblige à une véritable révolution en termes de prospective et d’évaluation. Changement lié à l’intensification de la logique de mutualisation fonctionnelle et financière. Changement lié aux nouvelles compétences que les communautés seront amenées à exercer.
 
Une chose est sûre, c’est que tous ces défis, nous ne pourrons les relever que si nous sommes animés d’un esprit de mobilisation et de cohésion, que si nous savons renforcer notre sentiment d’appartenance à une même institution, au service de nos compatriotes et de l’intérêt général.
 
Voilà les quelques orientations et enjeux sur lesquels je voulais insister aujourd’hui, avant de vous présenter mes meilleurs vœux pour cette année 2016.
 
A vous, Monsieur le Sous-Préfet. A tous nos invités, à mes collègues élus. Aux cadres et agents de la communauté. A vous tous, j’adresse des vœux d’épanouissement personnel et professionnel.
 
En ces temps difficiles, où nous avons tant de raisons de désespérer, où nous constatons chaque jour, comme le dirait Edgar MORIN, « l’impuissance de l’humanité à devenir humanité », je vous souhaite de découvrir et de cultiver les ressources infinies de la fraternité et de la solidarité.
 
Bonne année 2016 à toutes et tous !